Quand un proche nous quitte, on pense d’abord à son absence et à la douleur de la perte. On réalise tout ce qui va nous manquer et on prend conscience des moments perdus qu’on ne pourra plus partager.
Ma grand-mère est partie il y a quelques semaines, et comme tout le monde, sur le moment, cela m’a fait très mal. Et puis j’ai décidé de ne pas me laisser envahir par la douleur, sachant que ça ne changerait rien à la situation, et de me concentrer davantage sur ce qu’elle a laissé dans ma vie. Ce que sa présence a changé autour d’elle et en moi. J’ai choisi de retenir et de cultiver plutôt les souvenirs heureux qui font partie de moi.
C’est cela que j’ai envie de partager dans cet article, à l’approche de la Toussaint. On ne peut pas agir sur le décès d’un proche, la situation est toujours hors de notre contrôle. En revanche, on peut décider comment vivre ce départ. Dans la douleur, ou dans la gratitude.
C’est pourquoi cet article est consacré à la trace que ceux qu’on a aimés ont laissée dans notre vie, et à la manière dont on peut continuer à cultiver leur mémoire.
Pour ma part, je veux me souvenir des joies partagées, de ce qui m’a été transmis, de ces moments très spéciaux qui font partie de moi à vie. Écrire une lettre à un défunt peut être une façon de retrouver tout cela et de lui adresser les mots qui nous viennent aujourd’hui.
Alors, qu’auriez-vous envie de lui dire pour honorer son passage dans votre vie ?
Ce qu’on ne peut pas changer… et ce qu’on peut choisir
La douleur de la perte
Un décès, c’est dur. La disparition de quelqu’un qu’on aime nous confronte à une réalité sur laquelle nous avons bien peu de prise. La peine occupe de la place, et chacun traverse cette perte avec son histoire, selon la relation qu’il entretenait avec cette personne.
Parfois, l’idée même de retrouver de la joie peut soulever une question : quelle place donner aux souvenirs heureux alors que l’absence fait encore si mal ?
La tristesse et le plaisir de se souvenir peuvent se côtoyer. Une même pensée peut nous faire sourire et nous émouvoir quelques instants plus tard. Ces deux émotions parlent du lien qui nous unissait à cette personne.
Le pouvoir qu’on a
Ce qui m’intéresse ici, c’est ce qu’on souhaite cultiver en soi, au fil du temps.
La peine a son propre rythme. Et parmi les choses sur lesquelles on peut agir, il y a l’attention qu’on accorde à ce qui nous a été donné pendant cette relation. On peut revenir sur un souvenir heureux et prendre le temps de reconnaître ce qu’il représente encore aujourd’hui.
Pour ma part, j’ai envie de garder vivants ces moments et de me souvenir de la personne telle qu’elle était, avec son caractère très spécial, ce qui faisait qu’elle était elle et personne d’autre.
C’est aussi une manière d’aborder les bienfaits de la gratitude : regarder ce qu’on a reçu et lui accorder une place dans notre vie présente.

Honorer la mémoire de ceux qu’on a aimés
Cultiver la mémoire dans les souvenirs partagés
Quand je pense à ce que j’ai envie de garder, je pense aux moments heureux, à l’empreinte laissée dans mon enfance et à tout ce qui fait désormais partie de mon histoire.
Ces moments ont existé. Ils font partie de moi à vie.
Se replonger dans un souvenir permet de retrouver davantage que le fait de savoir qu’on a aimé cette personne. On se rappelle ce qu’on partageait avec elle, ce qui rendait la relation particulière. Une photographie peut aider à retrouver certains détails, ou une conversation avec quelqu’un qui l’a connue.
Et puis on peut prendre le temps de raconter ce souvenir par écrit. De préciser ce qui nous plaisait, ce qu’on ressentait alors et pourquoi ce moment compte encore pour nous. La mémoire prend ainsi une forme qu’on pourra conserver.
La trace qu’ils laissent dans qui on est
Il y a les souvenirs, et il y a aussi ce que cette personne nous a transmis.
Certaines choses sont faciles à nommer : ce qu’elle nous a appris, par exemple. D’autres se remarquent avec le recul, lorsqu’on reconnaît dans sa propre manière d’être quelque chose qui vient d’elle.
C’est cette trace de leur passage dans nos âmes que j’ai envie de cultiver. Ce qu’ils ont apporté dans notre vie continue à avoir de l’importance dans la personne que nous sommes devenus.
On peut donc se demander : qu’est-ce que je garde d’elle, aujourd’hui, dans ma façon de vivre ? Cette question permet de relier le souvenir à quelque chose de présent, qu’on peut reconnaître et continuer à faire vivre.
Transcender la perte : le chemin personnel d’une cliente
Je pense aussi aux femmes qui m’ont confié avoir perdu un enfant. Comment se relever d’une telle perte ?
Une cliente me disait un jour qu’elle honorait le bref passage de son enfant sur terre en transcendant sa souffrance pour en faire quelque chose de beau. Cette perte l’avait transformée et, grâce à la spiritualité, elle avait trouvé une nouvelle mission de vie : diffuser la joie et le bien-être autour d’elle.
Ce qu’elle me racontait était sa manière à elle de donner une place à son enfant dans la suite de sa vie.
Son témoignage me fait réfléchir à ce qu’on peut choisir de faire de cet amour, avec le temps et selon ses propres possibilités. Pour elle, cela passait par ce qu’elle souhaitait apporter aux autres. Pour vous, cela peut commencer par quelques mots adressés à la personne qui vous manque.

Écrire une lettre de gratitude à un défunt
Pourquoi écrire ?
Écrire permet de prendre le temps de préciser sa pensée. Un souvenir qu’on garde dans un coin de sa tête peut se développer sur le papier : on retrouve ce qui s’est passé, puis ce que cela a laissé en nous.
Et le format de la lettre permet de s’adresser directement à la personne. On peut lui raconter ce qu’on garde d’elle et lui dire ce qu’on comprend aujourd’hui de ce qu’elle nous a transmis.
La lettre devient une trace écrite de ce lien et de la gratitude qu’on ressent.
L’écriture fait aussi partie des pratiques que j’aborde dans l’article consacré aux 5 piliers d’un développement personnel incarné. Elle donne une forme à ce qu’on souhaite observer en soi, pour pouvoir y revenir.
Comment utiliser la lettre guidée
Pour cet exercice, vous pouvez penser à une personne en particulier et vous adresser à elle comme vous le feriez dans une lettre personnelle, avec le prénom ou le surnom que vous utilisiez.
Les débuts de phrases proposés servent de points de départ. Vous pouvez les compléter dans l’ordre, ou commencer par le passage qui vous parle le plus. Un souvenir précis peut suffire à faire venir les premiers mots ; la suite se construit à partir de ce que vous avez envie de lui raconter.
Vous pouvez aussi laisser la lettre de côté et la reprendre plus tard. Et si vous souhaitez développer davantage un passage, une feuille supplémentaire vous permettra de poursuivre votre récit.
Ce qu’on peut faire ensuite de la lettre
Une fois écrite, cette lettre peut rejoindre vos souvenirs personnels, dans une enveloppe ou parmi des photographies que vous conservez.
Vous pourrez la relire à une date qui compte pour vous, à la Toussaint, ou lorsqu’une pensée vous ramène vers cette personne. Peut-être aurez-vous alors envie d’ajouter quelque chose : un souvenir revenu entre-temps, ou ce que vous reconnaissez désormais de son influence dans votre vie.
L’article sur la gratitude comme outil de libération émotionnelle propose également de revenir par l’écriture sur ce qui a compté dans notre histoire.
Pour ma part, je veux cultiver cette mémoire dans les souvenirs partagés. Me souvenir de ce qu’ils ont laissé en moi, et leur dire merci pour cela.
➤ Le goodie de la semaine : Ma lettre de gratitude
Pour vous accompagner, j’ai préparé un papier à lettres illustré, avec des débuts de phrases qui vous aident à trouver vos mots. Vous pourrez y écrire ce que vous souhaitez garder de cette relation et conserver votre lettre parmi vos souvenirs personnels. Le fichier s’imprime sur une feuille A4 paysage, à couper en deux pour obtenir les deux pages A5 de votre lettre. Les espaces lignés vous laissent la place de développer ce qui compte pour vous, à votre rythme.
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Vos questions sur la lettre à un défunt
Comment écrire une lettre à une personne décédée ?
Vous pouvez commencer par son prénom, puis lui raconter un souvenir ou ce que vous aimeriez lui dire aujourd’hui. Dans une lettre de gratitude, le fil conducteur est ce que cette personne vous a apporté et ce que vous souhaitez garder de votre relation.
Comment puis-je honorer la mémoire d’une personne décédée ?
Vous pouvez raconter un souvenir partagé ou conserver par écrit ce qu’elle vous a transmis. Honorer sa mémoire peut aussi passer par une activité ou une attention qui prolonge quelque chose d’important dans votre relation.
L’écriture d’un journal peut-elle aider à faire son deuil ?
Pour certaines personnes, un journal ou une lettre offre un espace pour exprimer leurs émotions et garder un lien avec leurs souvenirs. L’association Marie Curie cite ces pratiques parmi les façons possibles de vivre son deuil, selon ce qui convient à chacun.
Quels sont les 5 piliers du deuil ?
Si vous pensez au modèle d’Elisabeth Kübler-Ross, il s’agit des cinq étapes souvent citées : déni, colère, marchandage, dépression et acceptation. Ce modèle décrit certaines réactions possibles ; chaque personne peut les vivre différemment, dans un ordre variable, et certaines peuvent être absentes.